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Que sont la dépression existentielle et l'anxiété existentielle? Comment repérer ce trouble chez vous ou chez un proche ? La dépression existentielle est un type de dépression qui est à la jonction entre la psychologie et la philosophie. La personne atteinte de dépression existentielle a tendance à remettre en question des concepts tels que le libre arbitre, la vie après la mort et le sens de la vie. Dans cet article, nous aborderons tout sur la dépression existentielle et sur la manière de la traiter.
Il est inévitable que l’esprit humain cherche à comprendre le monde et son propre rôle dans le monde. A un moment de notre vie, des questions plus profondes sur la vie surviendront – quel est le sens de la vie, et pourquoi sommes-nous sur terre ? Ce sont les questions du sens (l’objectif ou le but ultime de notre vie) et de l’existence humaine. En cherchant à répondre à ces questions, certains butteront. Et lorsque l’on butte trop, c’est l’installation de la dépression existentielle.
Aujourd’hui devenu un cliché, la question du sens de la vie mérite pourtant toute notre attention. Car si nous pouvons nous poser cette question sans ressentir de l’anxiété ou une profonde tristesse, il y en a pour qui cela reste difficile. Le psychiatre Irvin Yalom explique qu'il existe quatre causes de ce type de dépression, à savoir :
La mort
La liberté
L’isolement
Le manque de sens
La dépression existentielle est, comme expliqué ci-dessus, est à la jonction de la philosophie et de la psychologie. La philosophie parce que l’on se pose des questions de type philosophique, liées au sens et à des concepts abstraits, que l’on peut nommer l’existentialisme. Psychologique parce que le traitement de ces questions apportera son lot de souffrance psychique.
En philosophie, il s’agit d’une théorie qui aborde des sujets tels que:
Le sens de la vie, et
Le libre arbitre (par exemple, est-ce qu’un humain est réellement libre de ses choix ?)
L’existentialisme dit: «Vous avez un but dans la vie, mais vous le choisissez. Cependant, toutes les actions et les objectifs choisis sont sans importance, car l'univers est infini. »
Une personne frappée de dépression existentielle aura réalisé qu'il n'y a pas de raison pour l'existence d'un individu, il n'y a pas de chemin ou de but prédéterminé à suivre. C’est cette réalisation qui sera accompagnée d’émotions telles que la sensation d’être perdu, une profonde tristesse, une peur, de la colère.
Mais la nature humaine est naturellement tournée vers la création de buts, d’objectifs, de sens. Et donc, nous allons créer notre but dans la vie et notre code moral. Certains se poseront la question de s’il existe réellement une volonté humaine, de telle sorte que l’on puisse vraiment créer nos buts et nos sens dans la vie.
Qu'est-ce que la dépression? La dépression est un sentiment durable de tristesse, voire de détresse, de vide et de désespoir. Il existe de nombreux types de dépression auxquels une personne peut être confrontée, notamment:
Dépression majeure
Trouble dépressif persistant
Dépression psychotique
Trouble bipolaire
Dépression réactionnelle
Ainsi que d’autres formes de dépression (par exemple, saisonnière)
Souvent, les personnes souffrant de dépression perdent tout intérêt pour les activités agréables qu’elles pratiquaient auparavant. Celles qui, justement, peuvent faire baisser la tension interne créée par des états de déprime. Une fois la dépression installée, il peut avoir ces symptômes :
Perte d'énergie
Culpabilité
Difficultés à se concentrer
Dormir beaucoup plus ou beaucoup moins que normale
Prise ou perte de poids
Désespoir
La dépression est généralement diagnostiquée par un professionnel de la santé tel qu'un psychiatre ou un psychologue. Le praticien peut également vous suggérer de réaliser des examens complémentaires afin d'éliminer la possibilité que la dépression vienne de troubles organiques.
La dépression n’ayant pas de cause organique (liée à une maladie physique, par exemple), le diagnostic va pouvoir se faire.
Ce qui différencie la dépression existentielle des autres formes de dépressions est qu’elle est déclenchée par une crise existentielle et peut être accentuée par l’anxiété existentielle.
A un moment dans sa vie, on se rend compte que rien de ce que nous faisons dans notre courte vie ne compte. Parce que nous ne sommes qu'un petit fragment de l'univers et que nous ne sommes finalement pas mis dans ce monde dans un but précis. Ainsi, une crise existentielle est le moment où un individu commence à s'interroger sur ce fameux sens de la vie. Cela ne nous plonge pas obligatoirement dans une dépression existentielle. La crise existentielle est courte et intense, tandis que la dépression qui s’installera à partir de la crise vient d’une forme d’acceptation de cette réalisation de notre place réelle dans l’univers – la résignation. La dépression existentielle dure plus longtemps et est accentuée par des émotions liées à cette résignation. Si l’une de ces émotions est la peur, alors on peut dire que la personne souffre d’anxiété existentielle.
L'anxiété existentielle est associée à la dépression existentielle. Une personne peut éprouver un sentiment de peur et de malaise accablant dans une situation donnée. Les symptômes généraux de l'anxiété sont subjectifs pour l'individu, mais peuvent inclure :
Rythme cardiaque augmenté
Respiration courte et superficielle
Un sentiment de faiblesse
Crises de panique
Perte de contrôle
Lourdeur
Transpiration
Vertiges
Peur
Maux d'estomac
Vomissement
Le psychiatre Irvin Yalom nous présente les symptômes suivants :
Sentiments d’absence de sens
Angoisse de mort
Anxiété de liberté
Isolement existentiel
Vous êtes-vous déjà demandé «Quel est le sens de la vie? Pourquoi est-ce que j'existe? Avons-nous un but dans la vie? »Eh bien, si vous vous êtes déjà posé ces questions existentielles, alors vous ressentez sans doute le sentiment d’absence de sens. C'est un sentiment très subjectif. On peut se sentir perdu ou en colère ou remonté ; déçu ou écœuré ; ou peut-être un mélange de toutes ces émotions. Ne plus trouver de sens à ce que l’on fait est la partie visible de l’iceberg. Mais cela peut conduire à différentes choses : lorsque la personne n’est pas en dépression, cela peut être un moteur pour changer sa vie durablement. Mais lorsque l’on traverse une période de dépression, c’est beaucoup plus difficile de se mobiliser, et on risque de perdre sa motivation pour les choses que l’on avait appréciées auparavant.
Mais pourquoi? Parce qu’au bout du compte, la vie humaine est courte et qu’une fois qu’un humain est emporté par la mort, alors tout ce qu’il a fait de son vivant cessera d’exister. On peut se dire que c’est ainsi pour tout le monde, ainsi va le monde, mais la réalisation profonde de cela peut être choquante. Comme nous l'avons mentionné précédemment, notre tendance naturelle est de trouver un but à notre vie – à toute vie sur terre (d’où la popularité des religions pour ‘expliquer ‘ le monde). C'est cette lutte constante pour une identité personnelle, des objectifs, des valeurs et une morale qui conduit à un sentiment de détresse et d’absence de sens. On se réveille un jour en se disant « à quoi bon continuer si le monde n’est ‘pour’ rien. »
Mais l’inverse n’est pas forcément mieux. Éviter de penser au sens de la vie par peur que cela nous précipite dans une dépression ou anxiété existentielle n’est pas non plus la solution. Une personne qui trouve inutile de rechercher le sens de la vie ressentira tout autant de détresse parce qu'elle sera confrontée non pas à l’absence de sens mais au vide.
Yalom déclare que « la peur de la mort joue un rôle majeur dans notre expérience interne ». A un certain niveau de conscience et même d'inconscience, chaque être humain est conscient de son destin ultime, la mort. La mort est une peur que tous les êtres ont parce qu'elle nous met face à notre fin. Selon Yalom, l’anxiété de la mort implique souvent la peur générée lorsque nous nous posons trois questions :
Y a-t-il une vie après la mort, et si oui, que se passe-t-il après la mort?
L'anxiété et la peur de vivre l'événement de la mort, donc des questions liées à la souffrance physique et psychique, les émotions vécues lors de la mort, telles que la terreur.
La remise en question de notre existence humaine, c'est-à-dire ce que cela veut dire de ne plus exister au sein de l’univers.
Parce que nous avons le désir de donner un but à notre vie, cette quête aussi noble soit-elle, nous enferme autant qu’elle nous libère. Les humains sont très affairés à construire des sociétés, la morale, les valeurs, les lois, ce qui est permis en termes de failles psychologiques. Mais à la fin, chaque être humain saluera la mort et tout ce qu'il aura jamais fait, pensé, ressenti cessera d'exister. C’est ce à quoi se réfère la liberté existentielle: la capacité de vivre sans but, sans construction sociale ou physique.
Selon Yalom, lorsque l’on souffre de dépression existentielle on peut être confrontée à un isolement existentiel. Ce sentiment est souvent placé dans trois classes :
Isolement interpersonnel :
Lorsqu'un individu se sent seul et peut se couper de la société, d’une société qui est devenue absurde ou étrange à ses yeux, dénuée de sens.
Isolement intrapersonnel :
Un isolement interpersonnel est beaucoup plus difficile à expliquer. C'est presque un isolement qui se produit lorsqu'un individu se débat avec ses propres pensées, sentiments et désirs. Ainsi, les personnes isolées interpersonnelles éprouvent souvent des doutes et peuvent ne pas avoir confiance en elles-mêmes. Elles traverseront peut-être même une crise identitaire importante.
Isolement existentiel :
Cette forme d'isolement fait référence au sentiment qu'une personne peut ressentir parce que ses pensées sont tellement uniques et de ce fait, différentes du reste de ce que la société considère comme la norme. Par exemple, une personne née et élevée dans une religion particulière peut un jour faire face à un isolement existentiel. Cela peut se produire si cette personne commence à remettre en question des concepts tels que le libre-arbitre humain et la vie sans sens. En tant que tels, ils peuvent ressentir la distance qui se creuse entre eux et leur religion, famille ou société.
On ne « guérit » pas une dépression existentielle mais on apprend à mieux gérer nos états par exemple, en apprenant à mieux doser les questions existentielles, ou à leur apporter des pensées alternatives apaisantes. En effet, la dépression existentielle est un processus de pensée psychologique et spirituel, ce n’est donc pas un trouble psychique à proprement parler. Vous ne pouvez pas changer votre façon de penser, mais vous pouvez trouver des moyens pour faire face, le fameux ‘coping’ des anglophones. La meilleure méthode de traitement reste la psychothérapie. N’importe quelle forme de thérapie pourra aider mais il y a une forme de thérapie qui est particulièrement adaptée au traitement de la dépression existentielle : la psychothérapie existentielle.
Cette psychothérapie est une thérapie par la parole. Par conséquent, la psychothérapie existentielle nous aide à explorer les produits de nos pensées existentielles au travers de la philosophie et de concepts directement tirés de la psychologie existentielle. Les thérapeutes existentiels se sont formés à l'art de comprendre les questions existentielles et nous aident à faire face à leurs peurs, leurs angoisses et à leur dépression.
La dépression existentielle est bien souvent un sujet très difficile à aborder et à expliquer à l’entourage car c’est souvent subjectif pour la personne qui la vit. La célèbre émission Rick et Morty est peut-être le meilleur exemple de la dépression existentielle. L’essentiel est que Rick, le personnage principal, est surnommé « l’homme le plus intelligent de l’Univers ». Tout au long de la série, il aborde divers aspects de l'existence humaine, le but de la vie, et la mort. Bien qu'il reconnaisse une grande partie de ses processus mentaux, au fur et à mesure des épisodes, Rick est confronté à :
La solitude existentielle
Une perte d'identité de soi
Une surexcitabilité intellectuelle
La dépression existentielle est une forme de dépression qui se produit lorsqu'une personne commence à s'interroger sur la réalité de la vie, son but, son libre-arbitre et notre insignifiance au sein de l’univers.